construction

Dans son implacable quête du réel, la photographie engrange, accumule, détaille, documente. Cette perspective n’échappe pas à François Renault lorsqu’il suit le chantier de la médiathèque de Noisiel. C’est en témoin qu’il l’a photographiée. Or, ici, les images qu’il nous donne à voir abandonnent les rives d’une forme documentaire stricte pour celles de la fiction. Si les états de l’évolution du projet architectural s’inscrivent bien dans la chronologie des prises de vues successives qu’il a menées, le véritable sujet des images est le chantier. C’est à dire cet état indicible qui n’existe pas ou plus exactement qui représente le souvenir de ce temps intermédiaire qui bouleverse ce qui était et qui ne fait que préfigurer ce qu’il adviendra du bâtiment. Ce n’est qu’un passage, l’étape nécessaire de la transformation du site, dont il fallait rassembler la trace et le souvenir. De cette longue quête, il résulte la restitution d’une chorégraphie incroyablement ordonnancé des engins, d’un territoire investi d’échafaudages, de matériaux et de gravas. Ici, tous les ressorts d’une sorte de drame composent la scène, le lieu où se joue un simulacre.

Dominique Gaessler / Trans Photographic Press

 

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